La philosophie du cours

Quelle « philosophie » pour ce cours de philosophie ?

Malgré ce qu’en disent les médias et un abus de langage courant, le cours de philosophie et citoyenneté n’est pas uniquement un cours de citoyenneté, encore moins un cours de civisme. En tant qu’il articule la démarche philosophique aux enjeux et à la pratique de la citoyenneté, il ne peut être non plus un cours de pure philosophie. C’est même là tout son intérêt. Tout l’enjeu du cours réside dans cette articulation entre une démarche (le philosopher) et les objets qu’elle vise (enjeux et pratiques de la citoyenneté).

Pour déterminer de manière claire ce qu’il me semble pouvoir être entendu par philosophie dans le cadre de ce cours, je vous propose une approche en quatre textes qui, chacun à sa manière, éclaire les buts, mais aussi les limites d’une discipline telle que la philosophie.

Quatre idées de texte pour cerner le caractère philosophique de la démarche

A cette définition de la philosophie en quatre temps, nous pouvons ajouter le travail de citation du vidéaste Monsieur Phi qui, à l’occasion d’un exercice de définition de la philosophie, en répertorie dix-huit sans les commenter. Précisons tout de même que si les définitions choisies proviennent en grande majorité des grands auteurs classiques de la philosophie, le choix qui y est fait a pour vocation d’éclairer les différentes dimensions que peut revêtir la philosophie. Pour être complet (enfin un minimum), on ne peut passer à côté de la définition de Michel Tozzi qui, loin du mépris de ceux qui classent petite et grande philosophie, propose un définition d’une clarté redoutable applicable aussi bien au dispositifs du philosopher qu’aux études plus académiques.

En ce qui me concerne, je me contenterais d’une définition en négatif de la philosophie. Contre une idée de la philosophie qui ne se présenterait que de manière totale, je suis partisan de l’idée de moments de philosophie à l’instar de la réflexion de Nelson Goodman sur l’art. L’important pour moi n’est pas tant de savoir ce que serait la philosophie mais de proposer et de réfléchir avec les élèves à ces « quand il y a philosophie ».

Et si on n’a pas de diplôme ou de formation en philosophie ?

Eh bien on se forme et on sinforme ;) !

Aujourd’hui, en Belgique francophone, en France, en Suisse et au Canada, on trouve de nombreuses formations à la pratique philosophique avec les enfants et les adolescents. On peut également penser aux nombreux cours en ligne qui retracent l’histoire de la philosophie (même s’ils ne remplaceront jamais un diplôme universitaire en philosophie).

Une chose est sûre, quelle que soit la formule choisie, il ne semble pas possible pour nous d’accompagner nos élèves dans une démarche réflexive si nous n’y avons pas nous-mêmes été formés et informés. Ainsi, se former à la philosophie est un processus long et complexe qui demande de la pratique. Il ne suffit pas d’avoir un diplôme de philosophie pour être un bon praticien. De la même manière qu’il ne suffit pas d’être à l’aise avec des ados pour être un bon praticien. Échanges, rencontres et partages sont les clés d’un enseignement de qualité.

Petite sélection de formations (certificatives ou non) qui ont fait leur preuve