Participer au processus démocratique
Esprit de l’U.A.A.
Quasi-identique à celle du deuxième identique, Participer au processus démocratique au troisième degré ajoute une compétence supplémentaire qui consiste à « problématiser le processus démocratique ». Ainsi, en plus des éléments abordés au deuxième degré, un accent supplémentaire sera mis sur le questionnement du caractère démocratique des différents processus. Complétant à merveille les U.A.A. sur l’État, Bioéthique ou encore Science et expertise, il pourra être intéressant à cette occasion de davantage s’attarder sur les autres éléments constitutifs du caractère démocratique d’un processus (notamment en ce qui concerne les minorités, la place de l’individu face au commun, etc.). Pour ce faire, consultez les ressources.
Compétences
Participer à la vie de la classe/de l’école dans le respect de l’égalité de droit.
Il s’agira essentiellement de montrer en quoi la démocratie ne se réduit pas au vote et à montrer comment elle se retrouve dans différents aspects de la vie en commun et citoyenne.
Problématiser le processus de discussion démocratique.
Il s’agira de questionner le caractère démocratique des processus se réclamant comme tels en faisant apparaitre la complexité de cette revendication.
Glossaire des notions
Précision : La présente séquence est davantage une interprétation du programme que son respect au sens strict. En effet, par sa dimension active et participative, l’U.A.A. Participer au processus démocratique ne suppose pas la maîtrise des savoirs abordés dans cette séquence. Il s’agit donc d’une initiative qui vise à développer un peu la culture générale des élèves autour de la représentation que nous avons de la participation politique au sens restreint.
Séquence : En guise d’accroche
Pour introduire la séquence, nous partirons simplement du constat qu’il semble important de savoir comment fonctionne le système politique belge. Parce qu’il s’agit d’un savoir qui fera sens tout au long de la vie du citoyen (sauf grosse réforme), on introduira simplement cette partie en mettant en avant l’utilité de cette approche. En termes de ressources, Inforjeunes offre un ensemble de documents très bien rédigés, mis en page et agréables à parcourir. On pourra, par exemple, utiliser une présentation de type Wooclap qui, à partir de questions pour évaluer les connaissances générales des élèves, permettra d’introduire les grandes notions du vote et des institutions belges. A ce titre, il est important de noter que la Belgique fédérale et la construction européenne figurent au programme du cours d’histoire de rhétorique. Une discussion avec les collègues concernés pour savoir qui voit quoi peut être un plus.
Premier arrêt : le clivage gauche-droite
Une fois passé cette étape institutionnelle, on partira sur la compréhension générale du clivage gauche-droite en politique. Si ce clivage est assez souvent remis en question et est, le plus souvent, bien trop large, il demeure néanmoins une bonne boussole pour comprendre les grandes tendances idéologiques en politique et les commentaires qui s’y rapportent.
Pour cette présentation, nous utilisons l’approche de Karim Piriou dans son excellent livre Politikon (dont la lecture est vivement conseillée). Cette présentation pourra se faire selon deux approches différentes : une synthèse sous forme de schémas à partir de textes donnés aux élèves qu’ils doivent travailler en groupe ; une présentation par le professeur où les élèves sont invités à poser des questions et à intervenir pour s’assurer de la bonne compréhension et éviter les caricatures. A ce titre, il est à noter que, quelle que soit la ressource utilisée, une telle présentation ne peut jamais prétendre à l’exhaustivité. Charge alors aux professeurs de la compléter avec les éléments qui leur semblent pertinent.

Transition : Une analyse de cas politique
Avant de passer à ce qui constitue le cœur de la séquence au troisième degré (à savoir la problématisation du concept de démocratie), il semble important, si on en a le temps et si cela n’a pas déjà été fait à l’occasion d’une autre U.A.A., de s’attarder sur le concept de « politique ». Souvent réduit à sa dimension « de manière d’organiser la cité », parler du et de la politique n’est pas une mince affaire, surtout quand on veut rendre la chose concrète.
Pour ce faire, nous mettrons l’accent sur la dimension conflictuelle du politique en tant qu’il est le lieu de la confrontation de désirs d’habiter la cité différents. Reprenant une définition simple et accessible de l’essayiste François Bégaudeau, nous analyserons un cas concret qui oppose la Fédération des étudiants francophones à la ministre de l’Enseignement supérieur Françoise Bertieaux sur la réforme du décret paysage. Ce sera l’occasion de montrer en quoi le politique n’est pas qu’une affaire de représentation, mais aussi d’interroger les valeurs et représentations du monde sous-jacente à cette conflictualité.
Deuxième arrêt : Une définition de la démocratie
Notre second passage obligé se fera autour de la notion de démocratie. Concept bien trop large pour prétendre être compris en quelques séance de 50 minutes (surtout à raison d’une heure par semaine), nous l’aborderons au travers d’un exerce de lecture de texte. Dans ce dernier, la démocratie y est présentée sous quatre aspects complémentaires qui permettent de saisir avec aisance les différentes manières de se représenter la démocratie. Ainsi, partant de ces éléments, nous pourrons amener des précisions à l’oral sur ces différentes aspects et chercher avec le groupe-classe des exemples et autres limites de cette approche.
En conclusion : Approfondissement de la notion de démocratie
En guise de clôture de cette séquence (qui ne se terminer jamais vraiment), nous opterons pour une présentation de différentes réflexions sur la démocratie qui permettent d’en saisir toute la richesse conceptuelle. Ainsi, que ce soit à travers le texte de Myriam Revault D’Allonnes où la démocratie est une éternelle quête de légitimité dans le conflit, celui de Dominique Rousseau où l’espace public et social s’impose comme lieu privilégier d’une sauvegarde démocratique face au déclin de la représentativité, ou encore celui de François Galichet où la démocratie est ce formidable espace permettant à des individus de s’interpréter les uns les autres, tous ces textes seront autant d’occasions d’amorcer une réflexion plus large sur le devenir de la démocratie. Ici, nature de l’objet étudié oblige, on n’imposera pas une méthodologie particulière laissant libre cours à la discussion ou à l’adaptation au groupe en fonction de sa réceptivité de l’U.A.A. et de ses enjeux.











