Légitimité et légalité de la norme
Esprit de l’U.A.A.
Couple phare de la pensée philosophique, le légal et le légitime apparaissent comme les notions centrales de nombreuses problématisations liées au politique. En plus d’une exigence de clarté et de précision sur la définition de ces notions fondamentales, il ne semble pas possible de faire l’économie d’une réflexion sur la portée effective de ces notions. Ainsi, la propension au caractère relatif ou universel de la légitimité dont il est question apparaîtra souvent comme une difficulté. De même, on verra souvent la réduction à l’arbitraire d’une époque ou d’un lieu en ce qui concerne le caractère légal d’une norme. Norme d’ailleurs dont il il faudra bien distinguer les aspects pour éviter toute confusion entre la dimension descriptive et la dimension prescriptive.
De ce fait, de nombreux sujets ou thèmes proches de la vie des élèves permettent d’aborder la conflictualité qu’il peut exister entre légitimité et légalité d’une norme. On peut penser au rapport aux vêtements, aux critères de beauté, à l’apparence en générale, à la liberté d’expression, aux limites d’âge concernant la participation à la vie politique, à la désobéissance civile (qui me semble préférable de voir dans l’U.A.A. sur l’engagement puisqu’il y en a deux… on a plus le temps), etc.
Compétences
Expliquer les raisons d’un choix face à un dilemme opposant légalité et légitimité.
Il s’agira essentiellement, après avoir identifié dans une situation complexe ce qui relève de la légitimité et de la légalité, de prendre position de manière éclairée et d’être capable d’expliciter ce qui fait pencher la décision d’un côté plutôt que d’un autre.
Glossaire des notions
En guise d’accroche
Variant d’un établissement à l’autre, le règlement d’ordre intérieur est le parfait objet pour approcher la question de la légitimité et de la légalité d’une norme. Afin que ce conflit soit bien effectif, il sera intéressant de traiter un objet qui soit sujet à débat. Et cet objet c’est le vêtement. Ainsi, partant de la connaissance empirique des élèves sur ce qui est permis ou non de mettre en classe et à l’école, nous explorerons le R.O.I à la recherche des éléments qui permettent de comprendre la limite entre le permis et l’interdit pour nous rendre compte qu’il s’agit le plus souvent de mots assez vagues tels que “correct”, “décent”, etc.
Face à ce constat de flou dans la formulation de la règle, nous remonterons jusqu’à la raison d’être du R.O.I et à sa place dans la hiérarchie des normes afin de bien comprendre et appréhender les éléments qui peuvent influencer le caractère légitime ou légale d’un règlement.
Premier arrêt : Le légal et le légitime
Après avoir mis en avant la distinction entre le légitime et le légal sans véritablement les avoir définis dans l’accroche, nous passons donc logiquement à un moment d’exposition théorique. Ici, c’est la compréhension des concepts qui importera. De ce fait, de nombreux exemples seront présentés (on pense à Antigone, à l’utilisation du 49.3 en France, à l’optimisation fiscale,…) ou bien demandés à la classe et évalués avec elle.
Transition : Le cas Cédric Herrou
Toujours dans un but de compréhension, mais en s’assurant du caractère concret (et donc plus rugueux) de cette distinction (qui peut être trop “propre” du point de vue théorique en présentant le plus souvent un conflit ouvert et évident), nous aborderons le cas de Cédric Herrou et de son action dans la vallée de la Roya en veillant à montrer toutes les nuances qu’il apporte dans sa relation aux autorités et dans leur rapport à la loi. Ce faisant, on peut voir un espace formidable pour traiter la thématique de la migration et la polarisation de la société autour de cette question.
Deuxième arrêt : Qu’est-ce qu’une norme ?
Profitant de la réflexion sur la loi abordée à travers la figure de Cédric Herrou, nous abordons la notion de norme telle qu’elle se présente dans le texte de Roland Gori. Ce texte a pour avantage de se répéter en précisant, mais, surtout d’aborder, deux aspects différents de la norme. Ainsi, on peut facilement introduire une différence de taille et qui, visiblement, a de plus en plus de mal à exister dans le flux incessant des réseaux à savoir : l’approche descriptive et l’approche prescriptive. S’appuyant donc sur le texte de Gori, on pourra, en plus de formuler une synthèse des deux notions, interroger celle de normalité tant dans sa dimension descriptive que prescriptive. Et même, pourquoi pas, tenter de proposer la formulation de deux mots différents afin de faire disparaître les ambiguïtés .
Conclusion / évaluation : Analyse de cas fictionnel
A l’instar du cas Cédric Herrou, la sortie de la séquence se fera dans un exercice d’analyse et de commentaire qui reprendra les notions centrales vues tout au long de l’U.A.A. Pour ce faire, nous pouvons utiliser n’importe quel cas fictionnel ou réel. On peut partir d’extraits de la bande dessinée Peau d’homme, comme de celle Wake up America (qui reprend l’histoire des civil rights) ou encore cette interview de François Galichet, philosophe engagé sur un sujet complexe comme le suicide assisté.