The Stanley Parable
The Stanley Parable
Designers : Davey Wreden, William Pugh
Développeur / Éditeur : Galactic Cafe
Genre : Fiction interactive
Prix plein : 15 € (version normale) ; 22€ (Deluxe)
The Stanley Parable est une fiction interactive dans laquelle le narrateur (voix off) réagira aux choix fait par le joueur pour Stanley (le « héros » de l’historie. Une expérience vidéoludique assez unique.
Intégration et pédagogie
Objectif didactique
Il s’agira d’introduire le questionnement sur la liberté et plus particulièrement son application dans le jeu vidéo. La construction pédagogique du dispositif partira d’une approche intuitive et « naïve » du concept de liberté pour s’enrichir et se préciser à la confrontation de problématisations issues de l’approche philosophique. Parce que ce dispositif s’inscrit dans une démarche du philosopher, la dimension problématisante et sa dimension « académique » est à considérer comme un complément et non comme un remplacement aux réflexions émergées dans la première partie.
Considérations organisationnelles
- Vous aurez besoin d’une seule version du jeu à projeter sur un grand écran (type TBI).
- Prévoyez une manette de jeu plutôt que de jouer au clavier et à la souris (ce sera plus facile).
- Comptez (idéalement) deux périodes de cours de 50 minutes pour découvrir le jeu et un temps d’échange avant la suite du dossier.
- Le dispositif peut être réalisé en 5-6 périodes de cours.
Explication du dispositif
Véritable objet vidéoludique non-identifié, The Stanley Parable est un jeu à l’expérience unique qui nous met dans la peau de Stanley, un employé qui se contente d’exécuter les tâches qu’on lui donne. Suivant (ou non) les indications d’une étrange voix off, le joueur plongera dans un univers aux dimensions philosophiques, mais surtout méta-narrative. Ce dispositif se présente comme une introduction au traitement philosophique du concept de liberté. Il se basera sur une première partie où le jeu sera joué « pour lui-même » (du moins autant que possible dans une intégration scolaire).
Le dispositif débutera par une à deux périodes pour « jouer au jeu ». Chaque élève recevra un dossier dont la première partie est consacrée à un relevé des informations qui semblent pertinentes pour décrire l’expérience vidéoludique. Le jeu étant un jeu qui se boucle sur lui-même, on ne donnera pas d’autres indications que celle de prendre des notes et d’aider le participant-joueur ou joueuse à prendre des décisions. A chaque fin de partie, on changera de joueur ou joueuse et on laissera la dynamique de groupe décider de ce qu’il faut faire ou non. A ce titre, au cas où un ou plusieurs participants connaissent le jeu ou y ont déjà joué, il faudra veiller à « minorer » leur impacte sur l’expérience de jeu. En effet, leur qualité d’autorité risque de faire de détruire la spontanéité générée par le jeu.
Après ces différentes « run » (un minimum de trois me semblent nécessaires), il s’agira de mettre en commun les observations et de tirer ce qui relève de la « proposition » vidéoludique. On assumera donc cette dimension « méta » afin de se placer dans une mise à distance bénéfique à l’approche philosophique de la liberté. Ainsi, nous nous demanderons « ce que ce jeu vidéo nous fait faire et quelles sont les possibilités de réponse que nous avons ? »
Une fois cette mise en commun réalisée, le dispositif se poursuivra selon une méthodologie plus classique à partir de lectures, de questionnements et de réponses. Toutefois, il est nécessaire de ne pas aborder cette suite de manière extérieure à l’intérêt suscité par le dispositif (c’est-à-dire comme si nous allions donner la « véritable » réponse à nos questions), mais comme une prolongation de l’enquête qui consisterait à vouloir répondre de la manière la plus complète possible à la question « Sommes-nous libres dans The Stanley Parable ? »
La finalité du dispositif résidera alors en une tentative d’application d’éléments classiques de la problématisation du concept de liberté sur notre expérience vidéoludique (application qui s’évaluera en termes de pertinence plutôt qu’en termes d’adéquation stricte. Sans en faire l’oméga du dispositif, je vois, à titre personnel, un très beau parallèle entre la pensée de Spinoza et le jeu : ce n’est que quand nous comprenons que nous ne gagnerons jamais que nous commençons à librement éprouver le jeu.
